Neuchâtel, mardi 22-samedi 26 août 2023

Le thème du congrès

La notion de mouvement (κίνησις) joue dans la philosophie un rôle premier. Le mouvement représente l’un des cinq “genres” suprêmes de l’être dans le platonisme (Sophiste 254b sqq.) et figure, depuis Aristote, l’une des cinq notions générales (post-prédicaments) qui vient déterminer transversalement certaines catégories (Catégories, ch. 14). Depuis ce qu’on appelle la philosophie présocratique, penser le mobilisme a été l’une des tâches des grandes philosophies. Le mouvement semble avoir une relation essentielle au temps. Des paradoxes de Zénon à l’analyse bergsonienne en passant par Aristote et jusque dans la technique de mesure du temps dans l’horlogerie, temps et mouvement ont été pensés dans une relation réciproque, parfois problématique. Le mouvement – changement, devenir, évolution (créatrice ou non), mobilité –, caractérise le monde objectif de la nature (physique) et de l’histoire (par l’action), mais aussi le monde subjectif de l’esprit. Par son lien intrinsèque avec l’action et la pensée, et avec les conditions extérieures et circonstancielles de l’action, l’éthique est confrontée elle aussi à diverses formes de mouvement et d’évolution. L’exercice même du libre arbitre, du choix, du pouvoir de décision avec les divers déterminismes internes présuppose une dynamique constitutive de l’esprit. Et l’identité de la personne à travers les changements inhérents à la vie individuelle continue de susciter des interrogations multiples. Par sa polysémie même, le terme s’applique à presque toutes les activités humaines, politiques, sociales, intellectuelles, spirituelles ou artistiques ; on parle effectivement de mouvements politiques, sociaux, artistiques, et, dans l’activité de la pensée même, de mouvement réflexif, argumentatif, dialectique. La question de la mobilité sociale, verticale (ascension, émergence, déclin) ou horizontale et géographique (migration, déplacement de population, etc.), se pose, aujourd’hui, de façon particulièrement pressante. Et les problèmes écologiques liés au changement climatique – fruit d’un excès de mouvement – et à la disparition des espèces naturelles, constituent un des défis majeurs de notre temps. La notion de mouvement, réel ou illusoire, est évidemment essentielle et constitutive en musique, dans les arts chorégraphiques, au théâtre et dans le cinéma (τὸ κίνημα !). Et si de leur côté, le dessin, la peinture et la sculpture cherchent à capturer le mouvement dans une représentation statique, les installations de l’art contemporain réintroduisent le mouvement comme un élément fondamental (mobiles de Calder, installations de Tinguely, etc.).

Cadre général du congrès

Dans la droite ligne des statuts de l’ASPLF, le congrès de Neuchâtel poursuit les buts suivants  :

  • communiquer des informations sur les travaux de philosophie en langue française
  • établir des liens d’amitié et de coopération entre les membres de l’ASPLF
  • favoriser les manifestations philosophiques en langue française
  • maintenir la liaison entre les membres de l’ASPLF.

 

PROGRAMME PRÉVISIONNEL DU CONGRÈS ASPLF 2023

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