Après les rencontres de Paris (2021), Neuchâtel (2023) et Madrid (2025), le prochain congrès de l’ASPLF se tiendra à Copenhague, sur le campus de l’Université de Roskilde, Danemark, du 24 au 27 août 2027. Il explorera le thème de l’existence. Le congrès sera présidé par Jacob Dahl Rendtorff et organisé en collaboration avec Søren Gosvig Olesen, Henrik Vase Frandsen et Anne Elisabeth Sejten, membres de la Société danoise de philosophie de langue française. Philosophes de tous pays, philosophes pour qui le français constitue une langue de travail – tant de réflexion que de débat – sont invités à répondre au présent appel à communication.

Thème du congrès
L’EXISTENCE
Dans son opposition traditionnelle à l’essence, la notion d’existence prend son essor moderne avec la formule de Descartes : Ego sum, ego existo, je suis, j’existe. Elle devient, notamment avec Søren Kierkegaard, un terme réservé à l’être humain. L’existence pourra constituer l’essence de cet être dans l’analytique existentiale de Martin Heidegger, ou bien précéder l’essence dans l’existentialisme de Jean-Paul Sartre. Comment lire aujourd’hui la philosophie de l’existence ? Comment approcher la question de l’être à partir de l’existence ?
Si c’est bien le mérite des philosophies de l’existence et des existentialismes (religieux ou athées) de nous faire voir les grands thèmes de l’existence de l’homme, tels sa liberté, son angoisse et la responsabilité de ses choix, l’intérêt du concept d’existence, bien entendu, n’est pas limité à ces formes récentes de la réflexion philosophique. Depuis Descartes, la question de la connaissance se pose dans les termes de la connaissance proprement humaine ; elle devient avec Kant une élucidation des limites et du conditionnement de cette connaissance, qu’il s’agisse du temps ou de l’espace, des catégories de l’entendement ou des idéaux de la raison jusqu’à l’idée que nous pouvons avoir de la position de l’homme intellectus ectypus devant un Dieu intellectus archetypus. C’est encore sur les traces de Descartes et de Kant que, chez Hegel, la connaissance et l’existence humaines sont pensées comme inextricablement liées à l’histoire. Le concept de l’existence se montre pertinent non seulement en métaphysique et dans la philosophie religieuse, mais aussi bien en logique, en épistémologie et dans la philosophie politique.
La prépondérance de l’existence chez les philosophes de la Modernité n’exclut pas non plus l’étude de la question de l’existence chez les philosophes du Moyen Âge ou de l’Antiquité. Sera bienvenu à ce congrès tout examen des preuves de l’existence de Dieu, de leurs prémisses et cadres logique et ontologique, ainsi que du renoncement à une telle prétention, et de son alternative, la doctrine de l’indicibilité de Dieu limite de la raison chez les mystiques. Ce conflit est toujours actuel avec le thème de la « religion sans religion » chez Jacques Derrida et la « déconstruction du christianisme » chez Jean-Luc Nancy, ou bien avec la pensée mystique d’une Simone Weil ou d’un Nicolas Berdjaev, opposées à la pensée religieuse plus traditionnelle que l’on trouve chez Emmanuel Levinas ou Michel Henry. Par ailleurs, de la « chair » de Maurice Merleau-Ponty à l’idée d’un « empirisme transcendantal » chez Gilles Deleuze, la question des rapports entre l’ontologie et la métaphysique ne cesse de se poser. Par cette voie un accès s’ouvre même vers l’étude du rapport de l’être nécessaire, auto-présent et autarcique, et de l’être contingent. Ce rapport est un objet de méditation depuis le commencement de la philosophie, non seulement chez Platon et Aristote, mais déjà chez Anaximandre, Héraclite et Parménide.

Nous attendons des contributions sur le concept de l’existence notamment dans les domaines suivants :

Ontologie, épistémologie, philosophie des sciences, philosophie morale, philosophie politique, philosophie de l’art et de la culture, philosophie ancienne, médiévale et moderne, philosophie du contrat social, pensée et tradition africaine, asiatique et américaine, philosophie de la vie, philosophie de l’environnement, philosophie de la communauté, philosophie post-coloniale, philosophie de la turbulence politique et sociale du monde contemporain, philosophie de l’intelligence artificielle.